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Archive for the ‘Anecdote’ Category

En ce dimanche 5 décembre avait lieu le 日本語能力試験 (Nihongonôryokushiken) aussi connu sous le nom de JLPT (Japan Language Proficiency Test) qui se décline en 5 niveaux (le niveau 1 étant le plus difficile) et permet de certifier du niveau théorique en langue japonaise d’une personne.

Pourquoi passer cet examen ? Dont l’inscription coûte quand même au passage 5500¥. Et bien parce que c’est bien d’avoir un objectif quantifié quand on étudie quelque chose. Par objectif, j’entends quelque chose de plus précis que « je veux pouvoir parler et écrire en japonais », pour cela un examen est un excellent guide, puisqu’il a un programme bien défini, des ouvrages de référence, etc. A noter qu’avec les quelques deniers offerts lors de l’examen blanc (qui ne sont pas donnés à tout le monde bien sûr), l’examen revient à 3500¥.

Au mois de septembre, il y a trois mois de cela, je me donnai donc comme objectif de passer le 3級 ou N3. L’examen est un QCM composé de plusieurs parties, qui varient suivant les niveaux, et dure au total une après-midi. Le N3 est pour sa part composé de trois parties, la première portant sur la connaissance de la langue 言語知識 (Kanji et vocabulaire 文字 et 語彙), la seconde encore sur la connaissance de la langue ainsi que sur la grammaire 文法 et la compréhension écrite 読解, et enfin d’une partie compréhension orale 聴解.

La préparation s’est principalement faite à l’école, avec les cours de grammaire et de kanjis, et bien sur le fait que l’intégralité du cours est en japonais. Ajouter le fait que mes camarades de classes sont pour la plupart asiatiques, et que le meilleur moyen de communiquer avec eux est par conséquent le japonais.
J’ai complété cette préparation avec une couche supplémentaire d’apprentissage de kanjis grâce à un bouquin qui va bien, destiné aux candidats au N3 (d’où l’intérêt une fois de plus d’avoir un périmètre définie, car apprendre 2000 kanjis (objectif du N1) en autodidacte sans méthode, ni périmètre ou guide est une activité qui, étant donné l’ampleur de la tâche, doit probablement rendre tout simplement fou).

Enfin, la touche ultime est tout simplement de vivre dans le pays. Chaque jour est un entrainement permanent, entre ce qu’on entend dans les trains et les supermarchés, mais surtout les kanjis qui sont omniprésents dans notre environnement, et qui font que le fait même de se balader dans Tôkyô constitue un entrainement à la lecture.
Et ce sans doute bien plus qu’en France pour un étranger apprenant le français, car ici les publicités dans les métros sont nombreuses et assez verbeuses, et contrairement au métro français ou les noms des stations sont des noms propres et n’ont souvent pas de sens, ici tous les noms proposes sont écrits avec des Kanjis et ont donc un sens, qu’on s’amuse joyeusement à essayer de se rappeler.
Ajouter enfin à ça la communication avec l’habitant, et on comprend pourquoi le taux de réussite de l’examen est bien supérieur pour les candidats résidant au Japon que pour les autres.

Mon impression sur l’examen : elle est mitigée. Autant la partie compréhension orale était d’une simplicité telle que je suis quasiment sur d’avoir à faire à un serial killer plus de 95%, la partie vocabulaire/Kanji devrait être pas mal, autant la compréhension écrite était affreusement longue. Avec ses nombreux textes d’un page chacun et seulement deux ou trois questions sur chaque, questions assez précises, sur le sens d’une phrase, le sentiment de l’auteur … Qui fait qu’au final, lorsque le temps m’a manqué, j’ai commencé à lire en diagonale, et j’ai pu commencer à percevoir la puissance des kanjis dans le processus de lecture, même si avec mon très humble niveau, je n’ai au final pas compris grand chose de ce que je lisais … Mais bon, il n’y a pas de pénalité si on se trompe sur une réponse, donc le hasard vaut mieux que rien faute de temps.

Pour la petite histoire, l’avant veille de l’examen, le temps s’étant trouvé incroyablement doux, un 19° à l’ombre, j’en profitai pour passer ma dernière après midi de révision dans le parc 哲学堂公園 (Testugakudou-Kouen) à une quinzaine de minutes de marche de l’appartement. Ce nom signifie littéralement le parc « du hall du philosophe », un endroit tout trouvé pour une dernière révision. C’est là-même que j’ai prises les photos de cet article.
Je tombai sur un chat pas farouche (décidément les parcs sont des repaires à chats au Japon), et un japonais qui m’aborda :
« Bonjour. C’est à vous ce chat ?
– Bonjour. Du tout, ce doit être le chat du parc.
– Il est beau, tout blanc. Mais dites moi, vous ne seriez pas français par hasard ?
– Si, mais comment savez-vous ça ??? »
Et il m’expliqua alors qu’il avait déjà été en France pour son travail, et que les français ont un accent particulier. Cela dit, les anglophones ont un accent tout à fait remarquable lorsqu’ils parlent japonais (comme quand ils parlent français), donc n’ayant pas cet accent là, le français devenait de suite statistiquement assez viable comme proposition.

Résultat de l’examen dans 2 mois, Wait and See …

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C‘est un samedi de fin novembre, le temps est clair, mais malgré cela il faut encore très doux en journée (un très apprécié 17°C à midi), très agréable pour se balader dans les parcs, qui, en cette saison, proposent un spectacle magnifique : les 紅葉 (momiji) terme faisant référence au changement de couleur des feuilles des arbres à l’automne.

Les japonais sont des gens qui semblent aimer énormément la nature, pour cause sans doute le folklore très présent et varié de ce pays, avec ses multiples festivals et célébrations populaires, parmi lesquelles ont trouve le 花見 (hanami) au printemps, avec les cerisiers en fleurs, et le
もみじ (momiji) en automne.


Dans un souci de précision typiquement japonais, des cartes du Japon indiquant la progression des momiji durant l’automne sont même disponibles sur internet. Pour les curieux.

Au programme donc, petite balade dans le parc de 小石川後楽園 (Koishikawa-Korakuen) qui jouxte le Tôkyô Dome (immense salle de concert située en plein Tôkyô). Pour les balades le week-end, si on veut profiter du soleil, il faut penser à ne pas trop faire trainer la grasse-mat’ le matin, car rappelons-le, le soleil se couche à 16h30 en cette saison.

Sur place, de nombreux japonais de tous âges sont là pour admirer le spectacle naturel. A l’entrée et dans le parc ont été installés pour l’occasion quelques petits stands proposant boissons chaudes et friandises pour faire une pause au soleil au milieu de la promenade.
L’atmosphère est légère, les gens sont détendues, un moment paisible ou on n’oublierait presque qu’on est au beau milieu de l’une des plus grandes mégalopoles au monde.

Nous amis experts en arbres reconnaitront sur les clichés le célèbre 以呂波紅葉 (irohamomiji ou érable du Japon comme on les appelle en France) qui comme son nom le suggère, signifie littéralement comparaison-épine-vague-pourpre-feuille. Pour l’histoire des feuilles pourpres je vois à-peu-près, pour le reste, s’il y a des experts en Kanjis dans la salle, c’est le moment d’user de votre savoir millénaire 宜しくお願い致します m(__)m.

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日本語って何ですか? Je vous propose aujourd’hui une petite introduction simpliste sur la langue japonaise, histoire d’éclaircir un tout petit peu, pour les néophytes, les caractères bizarres qui ponctuent certains de mes articles.

Tout d’abord l’écriture japonaise est composée de 3 alphabets : 2 syllabaires
ひらがな (hiragana) et カタカナ (katakana), auquel on ajoute l’alphabet latin, utilisé pour les étrangers ; et un jeu de caractères chinois : les 漢字 (kanji).

Commençons par le plus simple : les Hiragana et les Katakana sont deux alphabets syllabaires qui contiennent strictement les mêmes sons, mais dont l’écriture est différente. La différence d’utilisation entre les deux alphabets se situe au niveau des mots que l’on écrit ; s’il s’agit d’un mot venant d’une langue étrangère (comme knife, taxi, et de manière générale les noms des pays et villes des pays n’utilisant pas les kanjis), il s’écrira en katakana, et dans tous les autres cas, on utilisera les kanjis et les hiragana.

Si on s’en tenait aux deux alphabets syllabaires, ça nous ferait du 92 caractères à apprendre et c’est mare. Si j’étais chef d’escadrille, et que les japonais mangeaient avec des couteaux et des fourchettes, c’est probablement comme ça que ça marcherait.
La réalité est autre, car dans la vraie vie, il y a les kanjis.
Les kanjis, ou caractères ou idéogrammes chinois comme on les appelle en France, peuvent se définir par (que les puristes m’excusent les simplifications impardonnables que je vais faire à partir d’ici, je me ferais seppuku à la fin de l’article pour compenser l’immense affront que je leur fais) un ou plusieurs sens (ou idée), un certain nombre de trais et de compostants élémentaires (appelés clés et radicaux), un ordre de tracé de ces traits, et deux prononciations : 訓 kun et 音 on , respectivement utilisées lorsque le kanji est tout seul dans un mot, ou s’il y a plusieurs kanjis pour former ce mot (avec un lot d’exceptions à cette règle bien sûr). Une illustration classique est le kanji 車 qui se prononce kuruma lorsqu’il est seul et signifie voiture, et sha lorsqu’il est utilisé avec d’autres kanjis comme dans 電車, le mot ainsi formé est la somme des sens des deux kanjis, ici une voiture + électrique, autrement dit un train. Oui, en réalité le sens de mots composés de plusieurs kanjis n’est pas toujours tout à fait trivial à trouver, même en sachant le sens de chacun des kanjis prit séparément.

Mais alors combien ? Le ministère de l’éducation nationale japonaise a établi une liste 1945 kanjis d’usage courant appelés 常用漢字 (jôyô kanji). Les japonais apprennent leurs 1000 premiers kanjis en 6 ans à l’école primaires (6-11 ans). Ils apprennent ensuite le reste des kanjis d’usage courant avant leur sortie du secondaire, c’est à dire la fin du lycée, soit un millier d’autres kanjis en 6 ans.

Après ça, encore un petit millier de kanjis (une paille) à apprendre par soi-même (il y en a un peu plus, je vous le laisse quand même ?), et on a la niveau d’un japonais normal, on peut lire le journal et des romans sans souci.

La bonne nouvelle c’est que tout mot qui peut s’écrire avec un ou plusieurs kanjis peut s’écrire en hiragana, ce qui fait qu’on peut savoir écrire un mot, mais pas savoir le lire dans un journal par exemple. L’autre bonne nouvelle, c’est que les kanjis peu courant (autre que les 1945 courants en fait) sont presque systématiquement accompagnés de leur prononciation en hiragana.

Une fois résolu ce petit détails technique de la lecture, la langue japonaise est somme toute assez simple (du moins ce que j’en ai vu jusque là). Conjugaison presque inexistante, grammaire composée de règles assez simples qui sont respectées dans 97% des cas (alors qu’en français on doit être à 17-18% à tout casser).
La réelle subtilité de la langue n’est finalement pas un problème de grammaire, mais un problème de culture.
En effet, les verbes japonais peuvent se décliner suivant le degrés hiérarchique de la personne à qui l’on s’adresse. Là où le français possède cette subtilité entre le vouvoiement et le tutoiement, le japonais est composé d’une gymnastique de la langue similaire, mais à n degrés.
Le degrés ultime de politesse étant même doublement subtile, dans le sens où l’on emploiera un langage appelé 尊敬語 (sonkeigo : je vous respecte) lorsqu’on parlera de son interlocuteur, mais on utilisera un autre langage 謙譲語 (kenjougo : je suis humble et modeste) en parlant de soi. On peut ainsi se retrouver avec le même verbe (littéralement le même sens, j’entends) mais qui prendra des formes totalement différentes.
Si on transposait ça en français, ce serait un peu comme on si, en plus de vouvoyer quelqu’un d’important, on se vouvoyait soi-même lorsqu’on parle de soi à cette personne, et que la conjugaison des verbes étaient alors différente (relisez donc cette phrase une ou deux fois, je ne suis moi-même pas sur de la comprendre).

Et c’est là que ça devient intéressant (ou compliqué, suivant votre école), car vous avez déjà essayé d’expliquer à un anglais quand est-ce qu’on emploie le tutoiement et le vouvoiement en français ? Et beh là c’est pire. Ce qui fait que, posant la question aux japonais qui sont dans le coins, souvent la réponse est « さあ », un idiome qu’on peut traduire par « tu m’en poses en bonne là ». Mais au final, ça n’a pas l’air de gêner plus que ça les gens, et la fête continue donc bon … « Tais-toi et nage ».

Pour la petite histoire, aujourd’hui j’ai passé le 模擬日本語能力試験3級 aussi appelé JLPT3 (test d’aptitude en langue japonaise niveau 3), mais en version examen blanc (le vrai examen étant le 5 décembre prochain).
Ma foie, c’était pas de la tarte, mais bon on reçoit 2000¥ pour participer à cet examen blanc (oui, ici on te paye pour passer des examens blancs). En plus un beau billet de 2000¥, je savais même pas que ça existait les billets de 2000¥ …

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Après quelques mois passés dans la capitale nippone, voici un petit tour d’horizon du coût des choses ici, sorte de guide simpliste mais qui j’espère sera utile à un voyageur préparant un séjour plus ou moins long au pays du Soleil Levant.

Tout d’abord, je ne vous cacherais pas que la vie est chère à Tôkyô, qui est, rappelons le, passée cette année la ville la plus chère au Monde pour les expatriés. Donc forcément c’est pas la panacée.
Nota Bene : je renseignerais les prix en ¥ pour que l’article reste pertinent le plus longtemps possible, et pour info à l’heure qu’il est 1€ vaut 113¥ et 1.39$ (à titre de comparaison, il y a trois ans, lors de mon premier voyage, le taux était de 1€ pour 160¥, soit presque un facteur 1.5).

Commençons par le logement. Tôkyô est réputée (et cette réputation n’est plus à faire) pour être une ville foncièrement très chère. Pour info, nous occupons, avec mes deux compères, un luxueux 45m² dans le quartier de Shinjuku (en réalité dans la ville de Shinjuku, dans le quartier de Kamiochiai de cette même ville), à environ 7 minutes à pieds de la gare JR d’Higashi-Nakano (en marchant bien), elle même à 4 minutes en train de la station JR de Shinjuku. L’avantage de cet appartement est qu’il n’a pas nécessité de garant, ni de 3 mois de cautions, ni du mois de loyer « cadeau » qu’on offre humblement au propriétaire pour le remercier de nous laisser habiter son appartement, et des frais d’agence bien sur, comme c’est le cas en général au Japon.
Ici, passer par une agence spécialisée dans les transactions avec les gaijin (Fontana pour ne pas la citer) nous a permit de nous en tirer avec un simple mois de caution (moyennant le fait qu’on partage l’appart avec une demie-douzaine de chinois, mais bon ils sont sympathiques et ne tiennent pas de place, et puis ils font super bien à manger … non je déconne, leur bouffe est dégueulasse).
Ce spacieux appartement nous revient brut à 160 000¥ par mois, à quoi on ajoute 5500¥ d’internet (un internet relativement rapide, 3.5Mo en donwload et 1.5Mo en upload, pratique pour envoyer des photos sur son blogue favori). Côté charges, nous en avons eu en moyenne par mois pour environ 6000¥ d’électricité cet été; sachant que l’appartement est équipé de 3 climatiseurs, qui ont marché en continu de juillet à fin septembre, oui je sais, les japonais tuent la planète avec toutes ces clims, mais que celui qui arrive à passer un mois d’août à Tôkyô (avec des températures minimales à 30° la nuit et max à 36° en journée) sans allumer sa clim me jette la première pierre.
A quoi on ajoute quelques 1500 à 3000¥ de gaz et 1500¥ d’eau.

Côté transports, le prix d’un trajet en JR (équivalent du RER) est de 130¥ minimum, et se calcul en fonction de la longueur du trajet. On peut effectuer plusieurs changements de lignes sans sortir de l’enceinte du JR, et un trajet moyen dans Tôkyô intramuros revient environ à la très grosse louche à 200¥. Pour le métro, même principe, sauf que c’est 160¥ de base, et qu’il faut souvent ressortir du métro pour changer de ligne, ça veut dire repayer chaque fois le prix fixe de 160¥.
Il est possible d’acheter un abonnement illimité, mais uniquement valable entre deux stations spécifiées. Pour ma part, l’abonnement JR Higashi-Nakano – Shinjuku (2 stations de JR en terme de distance, soit 130¥ unitairement) revient à 3780¥ par mois, soit une économie non négligeable d’environ 4000¥, en prenant un trajet aller-retour par jour jusqu’à Shinjuku.
Remarque intéressante, pour le calcul d’itinéraires JR et métro, l’outil le plus efficace et le plus utilisable que j’ai trouvé à ce jour est Google Map (ils sont forts ces Googles).

Pour les voyageurs qui veulent voir du pays, il y a l’incontournable et indispensable JR Pass, achetable uniquement depuis l’étranger, et qu’il faut activer à son arrivée au Japon, ce pass permet d’emprunter tout le réseau de train JR (le réseau national historique, autant dire qu’on peut aller presque partout). Le prix est de 37 000¥ pour une semaine, et varie suivant la durée de validité, de une à trois semaines (cf ce site), sachant qu’un aller-retour Tôkyô-Kyôto coûte déjà dans les 16 000¥ (voir ce site pour le calcul d’itinéraires), le pass est très rapidement rentabilisé. Et une fois qu’on a compris le fonctionnement des trains (places réservées ou non, etc.), on n’a plus qu’à se pointer à la gare à la bonne heure, et ça roule. Notez toutefois que le JR pass n’est pas valable pour le métro tokyoïte.

Question communication, le téléphone portable est un moyen qui a fait ses preuves. Pour ne pas se prendre la tête, il existe des formules sans abonnement, avec un crédit de 3000 ou 5000¥ à renouveler au moins une fois tous les deux mois, avec un téléphone qu’il est très bien et qui coûte dans les 5000¥ (un équivalent de nos formules à cartes en France). Et pour 300¥ par mois, on a réception et envoi de mails illimité (tout ça chez Softbank, je ne sais pas si les autres font mieux). Plus qu’à rediriger ses mails Gmail et Hotmail vers cette adresse, et on obtient un client mail portable pour communiquer de partout et pour pas cher du tout.

Un compte en banque ? Oui c’est possible !
Et pour le coup, c’est ultra simple, rapide, gratuit, transparent, tout le contraire des banques françaises en fait.
Il suffit de se pointer dans une agence Shinsei sans rendez-vous, un conseiller qui parle anglais vous reçoit dans les 10 minutes, vous choisissez la couleur de votre carte bleue (parmi 32 couleurs), et vous repartez 20 minutes plus tard avec un compte en banque et une carte de retrait (pas une carte de paiement, faut pas déconner), sans avoir rien déboursé.
« Oui mais bon c’est quoi L’intérêt dans l’histoire ? » Il est énorme, c’est de pouvoir faire des virement depuis la France vers le Japon. En effet, un compte de base à la Shinsei peut stocker toutes les principales devises, sans automatiquement les convertir, et les taux de changes appliqués par la banque lors de changes sont extrêmement avantageux.
Un exemple est bien plus parlant, si je retire de l’argent avec ma CB française de ma banque favorite, l’argent est changé d’€ vers ¥ avec le taux appliqué par ma banque en France, qui est environ 5% moins avantageux que le taux du marché, auquel s’ajoute des frais fixe et variables, qui font dans les 30€ pour 1000€ de retiré, soit au total, 8% de mon blé qui partent dans la poche de ma banque en France, mais bon elle le vaut bien, il faut bien qu’ils mangent les banquiers aussi !
Alors qu’en passant pas la Shinsei, je me tape les 26,70€ de frais de virement international, et après je garde l’argent en € sur mon compte japonais, jusqu’à ce que j’en ai besoin, ou que le taux de change du marché soit suffisamment intéressant (car la Shinsei applique un taux de change qui est à tout casser 0.05% moins avantageux que le taux brut du marché, soit 5% de différence avec le taux de change de ma banque de fromages qui puent). Au final, si les cons volaient et que j’avais ouvert un compte à la Shinsei dès mon arrivé au Japon (ce qui n’était pas possible de suite vu qu’il me fallait mon Alien Card, mais admettons), j’aurais économisé dans les … non en fait je préfère pas savoir tellement c’est écœurant, je vous laisse faire le calcul, vous avez toutes les billes dans cet article.

Coté loisirs, le cinéma n’est pour ainsi dire pas bon marché du tout, avec ses 1800¥ la place (soit dans les 16€, je mets le prix en euros pour bien se rendre compte), donc on réfléchit à deux fois avant de se jeter sur la dernière bouse sortie des studios de l’oncle Sam. Pour les restaurants le soir, c’est très variable, comme en France, mais disons qu’on se retrouve assez vite à 2500-3000¥ par tête de pipe, alcool compris.

Karaoké ? Bien sur, et les prix peuvent varier du simple à l’octuple suivant si on y va la journée en semaine, ou le soir le week-end. Pour un soir de week-end, compter 1200¥ par heure, avec une boisson. Ça reste un bon moyen de passer la nuit quand on a raté le dernier métro …

Bar ? Sans problème, dans les 700¥ la bière, 800¥ le cocktail, avec une taxe sur la chaise dans certains bars, dans les 400¥. En photo, le
Rock Bar MOTHER, un bar « musical », minuscule (une douzaine de place à tout péter), mais où on peut choisir sa musique dans un menu, qui est ensuite passée sur une sono à réveiller les morts. Un super endroit pour s’en écouter un petit des Who, de Van Halen, ou d’Hendrix à fond les oreilles, sans faire péter les plombs aux déranger les voisins.

Voilà en quelques lignes mon petit guide du coût de la vie au pays des Sumôs. Ah, j’oubliais, le coiffeur pour les hommes : 980¥. Pour le prix de la bouf’ et des fringues, les infos sont dans les articles « Itadakimasu » et « Ginza ». Pour tout le reste, faudra venir sur place voir par vous même. 

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Ikea

La première fois que je suis allé à Ikea, ça devait être il y a une douzaine d’années, et c’était avec une certaine Parisienne qui se reconnaitra (et que j’embrasse au passage). A l’époque, j’étais jeune et fou, je ne savais pas ce que je faisais, et sans m’en rendre compte, je suis devenu accroc.

Ikea est un magasin tout à fait fascinant pour moi, car il défit toute logique scientifique. On y va toujours avec un but très particulier, en l’occurrence acheter une couette, car l’automne nous est tombé dessus sans crier gare, et les nuits se sont rafraichies de manière assez spectaculaire cette semaine dans la capitale nippone.
Donc on y va pour acheter un truc bien particulier, dont on a en général besoin, ou au moins envie (ces deux notions sont très relatives de nos jours, je vous l’accorde), et on repart deux heures plus tard avec pour 100€ de trucs dont on n’avait ni besoin, ni envie, mais malgré ça, en sortant du magasin, on a le sentiment que notre vie est meilleur maintenant, et on se demande comment on a put vivre tout ce temps sans tous ces machins là.

Ikea c’est l’équilibre parfait entre des trucs pratiques, esthétiques et suffisamment peu chers pour qu’on les achète sans se dire « attends je vais quand même pas foutre 50€ dans une plante verte ». Ces mecs sont des génies …

Donc en ce dimanche d’automne, je décida d’aller faire un tour du coté de chez Sven, voir s’il n’y avait pas une couette à mon goût.
J’avais fait le tour des magasins de Shinjuku, de Muji comme on l’appelle en France ou 無印良品 au Japon (Mujirushi-ryôhin qui pour la petite histoire, signifie littéralement « produits de qualité sans marque », et que les japonais appèlent Mujirushi), jusqu’à 東急ハンズ (Tôkyû Hands) en passant par le Summit du coin (sorte de super-marché où on trouve à peu près tout) ; mais les prix étaient assez élevés (entre 5800¥ et 10000¥), pour des couettes en synthétique; et j’avais vu sur le site Internet d’Ikea qu’ils avaient la couette de mes rêves, en coton et plumes de canard, et pour la nordique somme de 3500¥.
Ce qui n’était pas indiqué sur le site Internet, c’est que la couette coutait bien plus que 3500¥, car à ce prix il fallait ajouter le prix du petit tapis sympa, de la lampe design, et de l’incontournable plante verte, mais nous y reviendrons …

Une petite heure de train et me voici à la gare de 南船橋 (Funabashi), qui est littéralement située à une minute à pieds de l’Ikea. Ce qui me rappelle la fois où on n’était allé avec Grégoire en Bus à l’Ikea de Toulouse … Et qu’il nous fallait alors choisir entre traverser la voie ferré, la rocade ou faire un détour de 30 minutes de marche par les parkings de l’hypermarché d’à coté (je laisse votre folle imagination trouver lequel de ces trois chemins nous avions choisi à l’époque …). Ha, ha, qu’est ce qu’on put se marrer ce jour là, on devrait être dans le Guinness pour avoir fait un truc pareil !
Une chance pour le marcheur que je suis, Tôkyô est une ville de piétons et de cyclistes. L’Ikea a même un parking pour vélos, c’est dire !

Une fois à l’intérieur, le décor est de suite très familier. L’agencement du magasin est en tout point identique à celui des magasins en France : l’espace démonstration au premier, avec la cantine à la fin, et l’espace vente libre au rez-de-chaussée. L’ordre même des rayons est je pense le même, avec les plantes vertes à la fin. Ce qui montre que les cerveaux qui ont designé l’agencement à l’intérieur des magasins Ikea ont choisi avec énormément de soin jusqu’à l’ordre des rayons.
Je commence ma balade tranquillement, j’observe le comportement des autochtones face à cette culture qui leur vient de loin. Mais très vite, en prenant un peu de recul, je me rends compte qu’Ikea n’est pas si éloigné que ça de ce qu’on trouve dans un Muji ; car en fait, les maisons japonaises se sont beaucoup occidentalisées ces dernières années, et par conséquent, les meubles qui meublent ces maisons aussi.

C’est alors que la fièvre commença à monter, cette fièvre que je croyais disparue, lorsque j’avais jeté la moitié de mon appartement toulousain, il y a trois mois, cette fièvre de la possession, cette fièvre du « Ah tiens, c’est pratique ça », l’appel des objets inutiles mais dont on a irrésistiblement besoin quand on est à Ikea.
D’où vient cette fièvre, je me le demande. Est-ce la Volonté de puissance moderne, qui se matérialise sous ce besoin de consommer pour se sentir exister ? De ce besoin que chez soi soit différent de chez les autres, que son jardin soit plus vert que celui du voisin. Est-ce de l’orgueil, où juste un besoin de son petit confort que l’Homme moderne développe.

Quoi que ce soit, je repartis avec ma couette en plumes de canard, comme c’était initialement prévu, mais aussi avec une lampe design, deux tapis pratiques, un petit plaid, et bien sur un petit ficus ; car on ne PEUT PAS repartir de chez Ikea sans une plante verte, c’est mathématiquement IMPOSSIBLE !!! (Ça a même été démontré par un illustre mathématicien polonais dont le nom m’échappe).

Même si je suis a posteriori capable d’expliquer rationnellement pourquoi j’ai acheté ces objets, et quel sera leur utilité réelle dans ma vie de tous les jours (jusqu’à la plante qui outre son aspect esthétique incontournable, constitue un transformateur à bon rendement de CO2 en oxygène), je dois avouer que sur le moment je les ai mis dans mon sac jaune Ikea pour une raison assez floue et peu rationnelle, que j’appellerai volontiers le syndrome Ikea.

Allons bon, avouez que ma chambre est plus chaleureuse avec une pointe de Suède.

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Le Japon est un pays étonnant, compliqué, parfois étrange, lorsqu’il est vu de l’extérieur. Quand on est sur place, on arrive à expliquer tel ou tel comportement étrange au premier abord, mais on est parfois surpris car la complexité ne vient pas toujours de là où l’on l’attend.

Prenez la douche de l’appartement. « Une douche, ça ne peut pas être compliqué » vous allez me dire, « Au pire il y a deux robinets à tourner et ça marche ». Et bien j’étais comme vous, jusqu’à hier …

Voici une photo de la douche de l’appartement, en fait il s’agit du mécanisme qu’il faut manipuler pour avoir de l’eau, accessoirement chaude.

Donc pour prendre une douche, en neuf petites étapes simples :
1- tourner le robinet 1,
2- puis tourner le robinet 2 (étape peut-être optionnelle, nous sommes encore en phase d’essai sur ce point),
3- enfoncer le bouton 3, le tourner jusqu’au premier indicateur, et ne pas le relâcher,
4- puis tourner la manivelle 4,
5- attendre quelques secondes,
6- on peut alors tourner 3 jusqu’à l’indication SHAWA (shower) et le relâcher
7- tourner ensuite le bouton 5 sur l’icône de douche
8- Il ne reste plus qu’à régler la température avec le bouton 6,
9- et la pression de l’eau avec le robinet 7 (qui n’est pas sur la photo parce que faut pas déconner).
Si on n’est pas mort de froid le temps de faire ces manipulations, on peut alors prendre une douche.
Et ne pas oublier de tout remettre en place quand on a fini.
Non je caricature, il y a peut être des étapes qu’on peut factoriser d’une douche sur l’autre. On a envoyé les images à la NASA, ils sont sur l’affaire …

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