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Archive for septembre 2010

Ikea

La première fois que je suis allé à Ikea, ça devait être il y a une douzaine d’années, et c’était avec une certaine Parisienne qui se reconnaitra (et que j’embrasse au passage). A l’époque, j’étais jeune et fou, je ne savais pas ce que je faisais, et sans m’en rendre compte, je suis devenu accroc.

Ikea est un magasin tout à fait fascinant pour moi, car il défit toute logique scientifique. On y va toujours avec un but très particulier, en l’occurrence acheter une couette, car l’automne nous est tombé dessus sans crier gare, et les nuits se sont rafraichies de manière assez spectaculaire cette semaine dans la capitale nippone.
Donc on y va pour acheter un truc bien particulier, dont on a en général besoin, ou au moins envie (ces deux notions sont très relatives de nos jours, je vous l’accorde), et on repart deux heures plus tard avec pour 100€ de trucs dont on n’avait ni besoin, ni envie, mais malgré ça, en sortant du magasin, on a le sentiment que notre vie est meilleur maintenant, et on se demande comment on a put vivre tout ce temps sans tous ces machins là.

Ikea c’est l’équilibre parfait entre des trucs pratiques, esthétiques et suffisamment peu chers pour qu’on les achète sans se dire « attends je vais quand même pas foutre 50€ dans une plante verte ». Ces mecs sont des génies …

Donc en ce dimanche d’automne, je décida d’aller faire un tour du coté de chez Sven, voir s’il n’y avait pas une couette à mon goût.
J’avais fait le tour des magasins de Shinjuku, de Muji comme on l’appelle en France ou 無印良品 au Japon (Mujirushi-ryôhin qui pour la petite histoire, signifie littéralement « produits de qualité sans marque », et que les japonais appèlent Mujirushi), jusqu’à 東急ハンズ (Tôkyû Hands) en passant par le Summit du coin (sorte de super-marché où on trouve à peu près tout) ; mais les prix étaient assez élevés (entre 5800¥ et 10000¥), pour des couettes en synthétique; et j’avais vu sur le site Internet d’Ikea qu’ils avaient la couette de mes rêves, en coton et plumes de canard, et pour la nordique somme de 3500¥.
Ce qui n’était pas indiqué sur le site Internet, c’est que la couette coutait bien plus que 3500¥, car à ce prix il fallait ajouter le prix du petit tapis sympa, de la lampe design, et de l’incontournable plante verte, mais nous y reviendrons …

Une petite heure de train et me voici à la gare de 南船橋 (Funabashi), qui est littéralement située à une minute à pieds de l’Ikea. Ce qui me rappelle la fois où on n’était allé avec Grégoire en Bus à l’Ikea de Toulouse … Et qu’il nous fallait alors choisir entre traverser la voie ferré, la rocade ou faire un détour de 30 minutes de marche par les parkings de l’hypermarché d’à coté (je laisse votre folle imagination trouver lequel de ces trois chemins nous avions choisi à l’époque …). Ha, ha, qu’est ce qu’on put se marrer ce jour là, on devrait être dans le Guinness pour avoir fait un truc pareil !
Une chance pour le marcheur que je suis, Tôkyô est une ville de piétons et de cyclistes. L’Ikea a même un parking pour vélos, c’est dire !

Une fois à l’intérieur, le décor est de suite très familier. L’agencement du magasin est en tout point identique à celui des magasins en France : l’espace démonstration au premier, avec la cantine à la fin, et l’espace vente libre au rez-de-chaussée. L’ordre même des rayons est je pense le même, avec les plantes vertes à la fin. Ce qui montre que les cerveaux qui ont designé l’agencement à l’intérieur des magasins Ikea ont choisi avec énormément de soin jusqu’à l’ordre des rayons.
Je commence ma balade tranquillement, j’observe le comportement des autochtones face à cette culture qui leur vient de loin. Mais très vite, en prenant un peu de recul, je me rends compte qu’Ikea n’est pas si éloigné que ça de ce qu’on trouve dans un Muji ; car en fait, les maisons japonaises se sont beaucoup occidentalisées ces dernières années, et par conséquent, les meubles qui meublent ces maisons aussi.

C’est alors que la fièvre commença à monter, cette fièvre que je croyais disparue, lorsque j’avais jeté la moitié de mon appartement toulousain, il y a trois mois, cette fièvre de la possession, cette fièvre du « Ah tiens, c’est pratique ça », l’appel des objets inutiles mais dont on a irrésistiblement besoin quand on est à Ikea.
D’où vient cette fièvre, je me le demande. Est-ce la Volonté de puissance moderne, qui se matérialise sous ce besoin de consommer pour se sentir exister ? De ce besoin que chez soi soit différent de chez les autres, que son jardin soit plus vert que celui du voisin. Est-ce de l’orgueil, où juste un besoin de son petit confort que l’Homme moderne développe.

Quoi que ce soit, je repartis avec ma couette en plumes de canard, comme c’était initialement prévu, mais aussi avec une lampe design, deux tapis pratiques, un petit plaid, et bien sur un petit ficus ; car on ne PEUT PAS repartir de chez Ikea sans une plante verte, c’est mathématiquement IMPOSSIBLE !!! (Ça a même été démontré par un illustre mathématicien polonais dont le nom m’échappe).

Même si je suis a posteriori capable d’expliquer rationnellement pourquoi j’ai acheté ces objets, et quel sera leur utilité réelle dans ma vie de tous les jours (jusqu’à la plante qui outre son aspect esthétique incontournable, constitue un transformateur à bon rendement de CO2 en oxygène), je dois avouer que sur le moment je les ai mis dans mon sac jaune Ikea pour une raison assez floue et peu rationnelle, que j’appellerai volontiers le syndrome Ikea.

Allons bon, avouez que ma chambre est plus chaleureuse avec une pointe de Suède.

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Tôkyô Game Show

Je ne vous apprend rien quand je vous dit que le Japon est historiquement Le pays du jeu vidéo. Tous les garçons et les filles de mon âge (disons les garçons surtout) ont joué quand ils étaient gamins à l’une des console de jeux Nintendo, Sega ou Sony qui nous venaient et nous viennent encore de ce pays lointain, maître dans la microélectronique appliquée à l’amusement du peuple.

Le Tôkyô Game Show (TGS) est un immense salon qui se déroule tous les ans en septembre à Chiba dans un lieu appelé 幕張メッセ (Makuhari-messe), à environ une heure de train de Tôkyô ; et regroupe tous les principaux concepteurs de consoles de jeux actuelles et éditeurs de jeux vidéo : Sony, Microsoft, Ubisoft, Sega, Capcom j’en passe.

C’est l’un des grands rendez-vous mondial, avec l’E3 aux États-Unis, du jeu vidéo, où se réunissent pour l’occasion des amateurs de jeux vidéos venus du monde entier (donc forcément je vous cache pas que ça en fait du monde).

Donc je vous passe le classique « il y avait un poil plus qu’un tondu et trois pelés » ; en effet, pour rentrer dans le bazar, il fallait faire le tour complet du bâtiment, ce qui nous prît, au bas mot, 2 bonnes heures, sans se presser.

Honnêtement, je ne suis pas spécialement amateur de jeux vidéo console (c’est pour les mecs qui ne savent pas se servir d’un clavier-souris), je suis le dernier de mes geeks d’amis qui n’a pas acheté de Play Station 3, mais j’étais assez intrigué de voir ce que proposerait un festival aussi célèbre que celui-là.
Et il faut avouer que le show pyrotechnique vaut le coup d’œil.

Petite remarque, il n’y a que les japonais pour organiser un festival de cette ampleur (plus de 200 000 personnes en deux jours, dans un endroit pas si grand que ça) et aussi millimétré.

« Mais il est bien gentil, ça fait une heure qu’il nous sort son blabla, mais concrètement qu’est ce qu’il y a dans ce festival, nom d’un tabarnak' » est ce que vous êtes en train de penser (si vous êtes Québécois).
Et bien des stands où l’on peut voir en avant première les prochaine sorties des gros titres du jeux vidéo. Et en s’armant d’un peu de patience, on peut même en essayer quelques uns. On peut aussi acheter tout un tas de goodies (objets de collection, en relation avec les jeux vidéo) ; oui les japonais sont de fiévreux collectionneurs de tout et n’importe quoi, en particulier des objets dérivés des jeux vidéo : figurines, vêtements, musiques etc.

Un des autres hobbies des japonais, et qui rend ce genre de festival amusant à mon sens, est le コスプレ (cosplay qui vient de « costume » et « playing »). Cette passion consiste à s’habiller et à reproduire les mimiques de son personnage de jeux vidéo préféré.

Or les personnages de jeux vidéo évoluent dans des univers fantaisistes, avec des costumes et des coupes de cheveux qu’on est pas sensés croiser dans la vrai vie, et c’est précisément là que réside l’intérêt du cosplay, c’est là que l’imaginaire devient réalité, et c’est aussi sans doute une sorte d’évasion pour les japonais, de pouvoir mettre un costume et être quelqu’un d’autre, un super-héros, l’espace d’une journée …

Un certain nombre d’évènements, de conférences, d’invités du monde du jeux vidéo viennent ponctuer le spectacle. On se retrouve assez rapidement devant une conférence dont on ne comprend rien, devant un type célèbre dont on a jamais entendu parler, ou devant un jeu avec un plateau géant et des cartes dont les règles sont des plus obscures (après en avoir observé un peu le déroulement, la seule conclusion qui me soit venue est qu’il n’y avait pas de règle).

Un dernier petit tour au stand gadget du coin où un mec du MIT ou de la Nasa je ne sais plus, pilote un machin (le bidule noir avec quatre hélices en lévitation là) avec son I-Phone, and let’s call it a day !

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Suite de votre très récent mais déjà culte feuilleton culinaire « Qu’est ce qu’on mange de beau au pays des sushis ».

Attention, une étude récente a montré que la lecture de cet article au boulot le matin vers 11h nuit gravement à la productivité.

Au menu du jour, je vous propose les classiques 巻き寿司 (makizushi, littéralement : sushi roulé sous les aisselles), accompagnés de 稲荷寿司 (inarizushi) poches de tofu remplie de riz. Avec pour la forme quelques 餃子 (gyôza ou Jiǎozi comme disent nos amis de l’Empire du Milieu).

Ensuite, le chef vous propose les incontournables そば (soba) qu’on mange froides en les trempant dans une sauce soja avant de les engloutir en faisant le plus de bruit possible, et en n’en mettant le moins possible sur sa chemise (une technique ancestrale japonaise qui demande 10 ans de pratique pour être accomplie correctement ; moi j’en suis encore au stade du je change de T-Shirt à la fin de chaque plat de soba froides, je ne désespère pas d’atteindre un jour le stade du je peux manger deux plats de soba froides sans peindre un Miro de sauce soja sur ma chemise).

Pour la suite, 豚丼 (butadon), un des nombreux 丼ぶり (donburi) existants. Un donburi est un terme générique désignant un plat composé d’un bol de riz non vinaigré sur lequel on va disposer quelque accompagnement : porc (豚丼 butadon), poulet et œuf (親子 oyako), boeuf (牛丼 gyûdon), anguille (鰻丼 unadon), etc.
Ici donc : porc et petites légumes, soja, œuf et autre.

Dans un style ressemblant sur la forme, ce bentô propose un assortiment de クロケット (kuroketto, trucs divers et variés mais pannés), nem, et beignet vapeur, sur son riz bien sur. Quelques légumes viennent agrémenter ce petit plateau repas comme on les aime.

Continuons avec une sélection maison de sushis et gyôza (c’est la sélection qui est maison, les sushis et les gyôza viennent du konbini du coin). Pour les sushis, des grands classiques, mais dont on ne se lasse décidément pas, à savoir 鮭 (Sake saumon), (Toro thon), ヒラメ (Hirame sole), うなぎ (Unagi anguille).

On change un peu de registre, avec une composition improvisée de ハチミツ焼き鳥 (hachimitsu yakitori : littéralement poulet frit arrosé de miel) et えび (crevettes roses) avec une sauce épicée bien choisie, le tout accompagnées de quelques légumes ça et là pour la couleur.

Et enfin, pour finir, une spécialité d’un lointain pays, la ピザ (pizza). Je vous l’accorde, ce n’est pas une « spécialité française », mais là encore ça nous rappelle un peu la France (oui rappelez-vous, les français sont les premiers consommateurs de pizzas au Monde !!).

A suivre …

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Tôkyô s’offre la nuit tombée un visage aux mille éclats. Symbole de la capitale high tech, ressortent les lumières multicolores des tours de verre aux architectures ultra modernes.

Quelques illustrations …

La Tôkyô Tower vue depuis Roppongi.

Le croisement Hachikô à Shibuya.

La Tôkyô Tower vue d’en bas.

Tôkyô vue d’en haut de la tour du même nom.
Ici, vers le Nord-Ouest, la Izumi Garden Tower et Shinjuku au loin.

En regardant au Nord-Ouest de la tour, Atago Green Hills buildings, avec Ueno et Asakusa au loin.

La tour Roppongi Hills du quartier de même nom vers l’Ouest, et Shibuya au loin sur la gauche.

Le Mita Kokusai Building au Sud, avec derrière Minato.

Au Sud-Est, l’île artificielle d’Odaiba et le Rainbow bridge.

Shinjuku à la tombée de la nuit, non loin du grand magasin Isetan.

Vue du Starbucks Coffee de la Shinjuku-dôri.

Kamiochiai, la rue de l’appartement, éclairée par les distributeurs de boissons.

Feu d’artifice à Kokuryô (non loin de Tôkyô).

Il est minuit, impro de Jazz à Shinjuku en pleine rue (merci à Sto pour la vidéo).

Un autre monde, je vous disais.

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