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仕事

« Comment ça se passe le boulot ? Pas trop dur ? »
« -Écoute, c’est drôle que tu me poses cette question, puisque j’ai en tête quelques anecdotes et comportement amusants, parfois étranges que j’ai pu remarquer depuis que j’ai rejoint Rakuten. En voici une petite liste commentée non exhaustive.

Les gens se baladent en pantoufles au bureau.
Il existe au Japon, un principe très encrée dans la culture, qui est qu’on se déchausse quand on rentre dans un bâtiment.
Cette coutume ancestrale, dont j’ignore l’origine, se perpétue de nos jours sans doute pour des questions de confort et de propreté. Ainsi de nos jours, chez le médecin, dans sa salle de sport favorite, dans les neko cafés, dans les temples, les écoles, et bien sur dans les maisons, on se déchausse à l’entrée.
Même dans le monde très strict du travail, où le costume-cravate est encore largement répandu, on croise donc des salary-man, chemise blanche impeccable et costard sombre, avec des pantoufles Uniqlo.

Le premier jour de travail de l’année civile, on se rend au temple pour prier pour la bonne fortune et la prospérité de l’entreprise en cette nouvelle année.
Au Japon, les religions dominantes que sont le Bouddhisme et le Shintoïsme n’ont pas la même connotation qu’en Occident. Ces religions sont, à mon sens, un style de vie agrémentées de quelques coutumes « religieuses » qui relèvent plus du folklore, (comme les 祭り ou festivals dont j’ai fait plusieurs articles) que de strictes pratiquent religieuses. Pour donner une idée, le 禅 (Zen), est en France assimilé par les non initiés à un mode de vie, une philosophie, mais est ici (et historiquement) une religion, une forme de Bouddhisme basée sur la méditation.
Le 3 janvier, le matin était donc consacré à une conférence « de nouvelle année » (celle-ci professionnelle) et l’après-midi libre pour les employés, qui se rendirent au temple.


A la cafétéria, il y a un coin sushi, un coin ramen, un coin curry, un coin soba …
Japon oblige, la cafétéria reflète la cuisine locale, et alors qu’elle est un simple restaurant d’entreprise pour l’habitant local, elle se transforme en restaurant japonais exotique pour le français que je suis.

Les gardiens disent bonjour le matin (お早うございます) et au revoir (お疲れ様でした) le soir à chaque employé de la boite.
De manière générale, lorsqu’on croise quelqu’un dans les couloirs, à la fin d’une réunion, on utilise la formule de politesse お疲れ様でした (Otsukaresamadeshita), sorte de salutation formelle multi-usages universellement utilisées dans le Monde du travail japonais, et plus généralement dans la vie de tous les jours.

Il y a un salon de 整体 dans l’entreprise.
Il est courant d’avoir une cafétéria ou salle de gym dans une entreprise, et bien ici il y a en plus un salon de 整体 (Seitai) sorte de technique de relaxation/massage, entre l’ostéopathie et la kinésithérapie, très répandue au Japon. Très pratique pour réparer les mauvaises postures du travail.

Les japonais restent tard au boulot, les étrangers partent tôt.
Ce phénomène est encore très visible, même dans une boite qui s’ouvre de plus en plus vers le Monde. La mentalité du « C’est bien Tanaka-kun, tu travailles dur ! », avec dans ce contexte, le « travaille dur » signifie « fait beaucoup d’heures supplémentaires ». Les quelques étrangers de la boite, dont je fais partie, proposent un contre mouvement à ce mode de pensée, et rentrent à des heures raisonnables (18h45-19h).

Les hommes se recoiffent dans les toilettes.
Quand je dis ça, j’entends « passent plusieurs minutes devant la glace, à retoucher leur coiffure ». Je croyais cette coutume réservée à ces dames, mais elle s’applique aussi à ces messieurs ici.

A Rakuten, tous les employés apprennent l’anglais, de manière relativement intensive pour ceux qui ont des difficultés (plusieurs heures de cours par jour !) et passent des tests de TOEIC tous les mois jusqu’à avoir plus de 800 points. Ce vaste plan, appelé English-nization, s’inscrit dans la vision globale de la compagnie de devenir une multinationale de premier plan.


Pour conclure ce premier recueil d’anecdotes sur une remarque un peu plus recherchée, je dirais que le travail que je fais ici n’est pas si loin de celui que je faisais en France, mais paradoxalement avec beaucoup plus de liberté. Cette liberté vient probablement de la composition de l’équipe, 50% non japonaise, que l’exempte des nombreux règles implicites ou non qui s’appliquent aux équipes japonaises traditionnelles. En réalité, ces règles sont sensées s’appliquer aussi à l’équipe, c’est juste que nous les ignorons ou les contournons parce qu’elles sont absurdes ou contre-productives, chose qu’un japonais ne fera pas par définition.
« Les managers ne sont pas formés pour manager des étrangers » m’a dit une fois un de mes managers japonais. Il a entièrement raison, car au Japon le manager est le représentent d’une hiérarchie de fer, cette hiérarchie se forgeant avec l’ancienneté dans l’entreprise, et ne nécessite pas forcement de formation ni de compétence, ce qui rend par conséquent difficile le management de gens ne rentrant pas dans le moule.
Pour ceux qui veulent avoir un aperçu de ce dont je parle, je leur conseille un très bon film « Tokyo Sonata », qui raconte l’histoire d’un chef de section de 40 ans qui se retrouve au chômage dans ce Japon où un travail est pour la vie. Il passe alors un entretien d’embauche :
« Qu’est-ce ce que vous savez faire ? », lui demande-t-on.
« – J’étais chef de section … », qu’il répond.
« – Oui, d’accord mais qu’est ce que vous avez comme compétences ? »
« – …. (long silence) … Je … Je suis doué en Karaoké … »

A suivre …

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紅葉

Beaucoup de choses ont changé cette année, le tremblement de Terre de mars et les événements qu’on connaît ont eu un impact durable sur la façon de penser des japonais, sur leur rapport aux autorités, sur le mode de vie des tokyoïtes ; mais s’il y a bien une chose qui n’a pas changé au Japon, c’est la beauté de la nature en automne.

Quelques illustrations en vrac de la saison des 紅葉 à Tokyo et dans les alentours.

紅葉祭り (festival des couleurs d’automne) à Kawaguchiko (non loin du Mont Fuji)

Yoyogi-kôen, sur des tons plutôt jaunes.

Harajuku :

Shinjuku gyoen, et ses もみじ

A Tokyo, où le temps est clément et l’automne tardif, on peut encore voir çà et là des arbres aux couleurs flamboyantes.
Aujourd’hui, le soleil est bien bas dans le ciel, l’hiver s’installe peu à peu, et le こたつ (kotatsu) va rester allumé toute la journée …

Un Joyeux Noël à vous !

祭り

La fin de l’été est marquée au Japon par de nombreux festivals traditionnels appelés 祭り (Matsuri). Tous les quartiers de Tokyo n’organisent pas de 祭り, et ceux qui le font à des dates différentes, ce qui permet d’en voir plusieurs dans la saison.
« – Tiens, ce week-end c’est le Matsuri de 高円寺.
– Je passe, j’ai déjà été à celui d’阿佐ヶ谷 la semaine dernière … ». (les photos de cet article sont prises de deux Matsuri qui se sont déroulés à 阿佐ヶ谷 (Asagaya) le 27 août et le 17 septembre).

Ils ont en parfois une connotation religieuse, parfois il s’agit juste une célébration ancestrale qui se perpétue d’année en année. Le point commun reste des stands de nourriture, où l’on peut acheter Yaki soba et autres spécialités culinaires typiques de ce genre d’événements, qu’on dégustera assis sur un coin d’herbe dans le jardin du temple d’à coté, en buvant une bière bien fraîche (il fait plus de 34 degrés à Tokyo en cette saison), et on regardant les spectacles variés qui nous sont proposés. Les enfants profiteront des petits stands de jeux, pour attraper un poisson rouge et gagner un jouet au jeu de massacre ou au tir à la carabine de bouchons de liège.

Parmi les plus récurrents, on a les spectacles de 踊り, où les participants venus de tout le Japon et vêtus d’habits hauts en couleurs, jouent de la musique traditionnelle et dansent dans la rue.

Celui-ci est un お神輿, un festival durant lequel les habitants du quartier portent sur les épaules un temple miniature, et baladent ce dernier dans la ville.
Du coup, ces jours-ci, le quartier est sujet à des embouteillages monstres, du fait de ces temples miniatures qui se baladent sur les routes de la ville (photo à Shinjuku, vidéo à Asagaya).

L’été fut chaud et dura jusqu’à mi octobre à Tokyo. La saison des 祭り est terminée, et laisse la place peu à peu à la saison des 紅葉 …

Visa / Status de résidence

Dans la série des articles sur le fonctionnement administratif du Japon (désolé pour ceux qui passent ici pour avoir des anecdotes amusantes sur le Pays, j’avais pas trop la tête à me balader ces derniers temps, et cet article me semble pouvoir être utile à d’autres, je le mets ici, libre à vous de vous le mettre derrière l’oreille et de vous le fumer plus tard, ou de passer simplement votre chemin), le thème d’aujourd’hui : Mais que faut-il donc pour travailler au Japon ? Réponse : un status de résidence autorisant cela.

Par amalgame, on parle souvent de Visa travail, mais en réalité un Visa est juste un tampon sur un passeport qui permet de rentrer au Japon pour y exercer ou non une activité, et est différent du status de résidence, qui lui indique quelle quelle genre d’activité on peut exercer, touriste (pas d’activité rémunérée autorisée), étudiant, ingénieur, professeur, etc.
Pour travailler, il faut un status de résidence autorisant le travail au Japon, mais pas nécessairement de Visa, une fois qu’on a compris cela, on peut se lancer dans la lecture de la documentation de référence.

Les trois sites web de références sur le sujet sont :
Le bureau de l’immigration.
Le ministère des affaires étrangères.
Le site de l’ambassade du Japon en France.

Quelques sites contenant des informations générales :
japan-guide.com
un thread de gaijinpot

Ayant parcouru de long et en large ces sites, et quelques forums sur le sujet voici ma synthèse sur comment obtenir un permis de travail au Japon (il existe bien sur d’autres procédures, mais disons que voici, il me semble, la plus courante).

Trois possibilités s’offrent à vous.
– La première étant : vous êtes en dehors du Japon ; dans ce cas il vous faudra d’abord obtenir un Certificate of Eligibility (CoE). Ce document permet de justifier en gros à la fois de la solvabilité de la personne voulant séjourner au Japon, mais aussi de l’organisme ou entreprise voulant se porter garant pour cette personne. La procédure est décrite entièrement ici, sur le site du MOFA.
Ce document est le plus long à obtenir et il ne peut être réclamé que depuis le Japon, en personne ou par une tierce personne au Tokyo Regional Immigration Bureau Office.
Dans la cas d’un CoE pour travailler au Japon, le bureau de l’immigration va vérifier la solvabilité de l’entreprise, le degrés d’étude et l’expérience professionnelle de l’appliquant ainsi que l’adéquation des deux avec le poste proposé par l’entreprise.
Une fois ce document en sa possession, vous pourrez obtenir un Visa, dans une ambassade ou un consulat du Japon dans le Monde, par exemple en France. Le visa sera utilisé dès l’arrivée sur le sol Japonais, et sera transformé en un status de résidence donné.

– Deuxième cas de figure possible : vous êtes au Japon. Dans ce cas il suffit de changer son status de résidence. La procédure est disponible ici, sur le site du MOFA et est très similaire à l’obtention d’un CoE.

– Troisième possibilité, une solution hybride que j’ai utilisée, qui n’est pas tout à fait officielle, car non documentée sur le site du MOFA : faire une demande de CoE, puis demander un changement de status de résidence, le tout depuis le Japon.
C’est un peu plus compliqué que de simplement demander le changement de status de résidence, mais cela apporte un avantage certain, qui est, d’après cette source et que j’ai pu vérifier :

You can lawfully stay in Japan while your application is examined by the immigration office, although you are not allowed to leave Japan until the new visa is issued.

Autrement dit, une fois le CoE obtenu, il est possible de rester au Japon en attendant que le changement de status de résidence soit effectif, et ce même si son visa touriste est expiré (avec une durée limite de 2 mois).
Il n’est pas possible de travailler bien sur, mais ça évite un aller-retour en Corée.

Notez que ce système va changer à partir de 2012, comme indiqué sur le site du MOFA.

Voila pour l’article rébarbatif du jour. Prochainement je reprendrais le récit du séjour, avec quelques anecdotes sur le monde du travail.

就職活動

Trouver un travail est au Japon comme ailleurs, une tâche plutôt ardue. Ça l’est sans doute d’avantage dans un pays qui n’est pas le sien, et dont on ne maîtrise pas la langue.
Mais parfois on a des projets, parfois on a des rêves qui ne se cantonnent pas aux frontières de notre bon vieil Hexagone.

Donc rechercher un boulot dans l’informatique au Japon (oui pour les autres domaines, désolé faudra trouver un autre blog), ça n’a pas été très simple, pour moi en tout cas, et ce pour différentes raisons que je vais essayer de développer ici ; je m’suis donc dit que partager mon expérience à ce sujet pourrait en intéresser d’autres, d’où cet article.
Si vous êtes pressés, ou que tl;dr, vous pouvez vous rendre à la conclusion plus bas, qui contient, je crois, l’essentiel.

Alors, tout d’abord, les ressources en lignes que j’ai utilisées, parmi lesquels des sites d’annonces classiques :
CareerCross (anglais/japonais).
Daijob (anglais/japonais).
Recruit.net (plutôt japonais).

Une fois son CV posté sur ces sites, j’ai reçu des scout mails de pas mal de cabinets de recrutement de Tokyo.
Mon profil était assez technique, avec un relativement bon anglais (qui est évalué aussi durant un entretien obligatoire avec les-dites agences de recrutement). Par conséquent, je suis très vite rangé dans la catégorie : candidat pour une banque d’affaire du type G*****n-S***s, B*****y, C****t A******e, etc.
La raison : les cabinets de recrutements se rémunèrent en pourcentage du salaire d’embauche des candidats qu’ils présentent. Et les entreprises qui payent le mieux sont les banques d’affaires, ou autres 外資系 comme on les appelle, et dont le population est en général non nippone, et la langue officielle l’anglais.

Souvent, le stade du CV est passé, et je suis convoqué pour un premier entretien. L’entretien commence souvent par un : « Vous n’avez pas d’expérience dans la finance, mais nous recherchons surtout un profil technique donc ce n’est pas vraiment un problème ». Ça tombe bien je recherche un job technique !
En effet, ce n’est pas un problème, pour un premier voir un deuxième entretien. Mais passé ce stade, c’est le refus, souvent parce qu’au final un autre candidats était plus ou moins au même niveau techniquement, mais avait une expérience dans la finance.
J’ai bien sur raté des entretiens parce que j’ai échoué sur des questions techniques, ou parce que je n’étais pas au début forcement très talentueux en terme de communication pour passer cet exercice difficile qu’est un entretien d’embauche, et que c’est quelque chose qui se travaille, comme le reste.
Mais disons qu’au fur-et-à-mesure que j’améliorais ma présentation, ainsi que je me formais sur le genre de questions techniques classiques, il me restait impossible d’arriver au dernier niveau d’entretien, et d’obtenir une offre. Avec comme raison : « pas assez expérimenté, ou pas d’expérience dans la finance ». Peut être aussi que ma motivation assez relative de travailler dans la finance n’était pas très convaincante, qui sait …

J’ai alors commencé à poursuivre la recherche de mon coté, en parallèle de mes contacts dans les cabinets de recrutement, pour cela, j’ai suivis trois pistes en plus des sites d’annonces que j’ai listés plus haut :
La Chambre de Commerce et d’Industrie Française du Japon, qui propose un annuaire des entreprises françaises au Japon (annuaire qu’on peut consulter dans les locaux de Tokyo).
Je me suis donc rendu sur place, notée dans mon petit cahier les coordonnées des entreprises d’IT, puis les ai contactées en candidature spontanée. Ce qui n’a pas donné grand chose.
LinkedIn, qui permet de chercher une entreprise, et de voir des statistiques intéressantes sur les employés de cette entreprise, en particulier : « les employés qui ont quitté cette entreprise travaillent maintenant chez Y » ou « avant de travailler chez X, les employés de cette entreprise travaillent chez Y ». Ce qui permet d’en apprendre d’avantage sur les flux classiques de travailleurs entre différentes entreprises au Japon, et ainsi d’en savoir plus sur le marché du travail nippon. A partir de là, aller sur le site de la-dite entreprise, et voir s’il n’y a pas un job interessant.
Dotnetspider, un site qui référence les entreprises d’IT sur Tokyo. Même démarche que pour LinkedIn, voir sur le site de l’entreprise les offres disponibles.

Puis arrive le mois de mars, où je passe un entretien avec des japonais, pour une entreprise dans le domaine des Télécoms. L’entretien reste en grande partie en anglais, je suis à peine capable de parler de mon expérience en japonais.
Le processus est sur le point de conclure, mais le job sera annulé à cause du tremblement de Terre du 11 mars.
Qu’à cela ne tienne, je poursuis mon périple, en partant du principe que la langue japonaise est l’une des clés de l’équation. A ce stade, je me dis aussi qu’il me faudrait un petit coût de pub, parce qu’au fond je viens d’un pays dont la culture du travail souffre de beaucoup de préjugés ici, et que je suis diplômé d’une école pas forcément connue ici, et ai travaillé dans une entreprise qui n’est pas non plus forcement très connue au Japon.
Je fais juste une parenthèse sur les préjugés dont je parlais à l’instant ; le français est ici aisément imaginé, caricaturé comme un sacré tire-au-flanc, qui rentre chez lui tous les soirs à 17h30, fait 35 heures par semaine, et pas plus car les heures supplémentaires sont interdites par la loi (histoire véridique).
Cela reste des préjugés (et sont donc par définition incorrects ou de très incomplètes interprétations, donc inutile de vous déchaîner dans les commentaires), au même titre que les français pensent que les japonais bossent jusqu’à 23h tous les soirs, mais ne font que rester assis à leur siège à se tourner les pousses (de bambou) ; mais des préjugés desquels j’ai dû m’expliquer dans certains entretiens.

Donc, pour me donner un coup de pub, je publie en ligne le travail sur lequel j’ai bossé durant mon temps libre en parallèle de l’apprentissage du japonais, sous forme de projets open sources et d’un blog technique, dans lequel j’applique, en plus de mon expérience de développement, beaucoup de concepts théoriques sur l’informatique et l’algorithmie, que j’ai étudié dans le cadre de ces projets (pour les geeks qui veulent se refaire une santé d’algorithmie, je vous conseille le site Topcoder, qui propose des tournois d’algorithmie tous les 15 jours environ, passionnant ! Frissons garantis !).
Ainsi les employeurs peuvent voir de leur yeux vus de quoi je suis capable au niveau technique.

En plus de cela, je travail ma présentation en japonais : apprentissage du vocabulaire relatif aux entretiens et révision de mes 謙譲語・尊敬語 (registre de japonais le plus poli, typiquement utilisé lors des entretiens d’embauche et dans le monde du travail), du vocabulaire technique lié à l’informatique, en passant par « comment se conduire lors d’un entretien avec des japonais », qui se conclura par l’écriture de mon CV en japonais, et l’entraînement à des entretiens en japonais. A ce sujet, deux ressources intéressantes :

1) Un site proposant des formules de politesse usuelles à utiliser par exemple dans les mails et autres. Extrêmement utile quand on commence une correspondance en japonais.

2) Un article très court et basique, mais qu’il est essentiel d’avoir lu avant de se presenter à un entretien avec des japonais.

C’est à mon sens la carte qui fait basculer la donne. Car à ce stade je postule pour des entreprises japonaises, en langue japonaise, et me délaisse ainsi de ce fardeau qu’était mon absence d’expérience dans la finance.
Vous allez me dire « Mais bien sur, c’est évident, pour travailler dans un pays il faut parler la langue ! ». Oui, mais je vous répondrais, et vous me l’accorderait j’espère, que c’est plus facile à dire qu’à faire.

En conclusion, d’après mon très humble et très spécifique expérience, qui ne peut en aucun cas être généralisée, mais pour laquelle je vous livre cette analyse, que vous êtes libre de considérer avec attention, ou bien de vous en foutre royalement parce que vous êtes très méchant, ou parce que vous avez vous aussi tenté cette expérience, et que cette analyse ne s’applique pas du tout à vous.
Bref comment trouver du travail au Japon dans une boite d’IT (j’avoue, je caricature pas mal, mais en gros voici l’idée en trois points) :
– Si vous avez une expérience significative dans la finance, parlez anglais, et un niveau technique correct en Java ou autre langage OO : no problem, les cabinets de recrutement vous feront la moitié du job.
– Si vous n’avez pas d’expérience dans la finance mais parlez japonais (>JLPT2 en poche) et un bon niveau technique en programmation/système ou autre, pas de souci non plus. Vous n’aurez pas un job qui vous permettra de vous payer un appart à Roppongi Hills, mais suffisamment pour avoir un visa, et de quoi bien vivre à Tokyo (que demander d’autre).
– Si vous n’avez ni le japonais, ni la finance, faudra être super bon techniquement, ou avec une super communication, ou parfois avoir juste un peu de chance simplement. Ou bien faire comme moi, bosser ces facteurs. Personnellement j’ai assez vite laisser tomber l’apprentissage de la finance pour les gros nuls avec Wikipedia, partant du principe que ce sera toujours négligeable comparé à une vraie expérience, et me suis focalisé sur les autres.

Au final, efforts et patience ont fini par porter leurs fruits.
Deux pistes ont abouties, dont une est un job vraiment idéal pour moi, ce qui est une énorme chance ; un job à la fois complexe et complètement passionnant, dans une grande entreprise de e-commerce ultra-dynamique où le japonais, l’anglais voir le français seront utiles (et en plus le repas du midi au restaurant d’entreprise est gratuit !). Chance de trouver ce poste donc, mais ce sont efforts et travail qui m’ont permis de concrétiser cette opportunité.

Une dernière information qui peut s’avérer utile, entre le moment où j’ai postulé pour le poste, et le moment où j’ai eu l’offre, se sont écoulés environ 6 semaines. Je n’ai pas de statistiques sur le sujet, mais avec en moyenne 4 entretiens minimum, et le battement entre chaque, en période estivale, je pense qu’on peut dire que c’est à peu près normal.

Je suis donc actuellement dans la paperasse pour l’obtention du Visa Travail, j’ai postulé aujourd’hui pour mon Certificat of Eligibility. J’en parlerai dans un future article.

Bonne chance à tous ceux qui tentent l’aventure, et à un de ces jours sur Tokyo !

Un an : cinq objets

Un an passé loin de la France, un an presque sans travailler, et par conséquent un an sans consommer ou presque. Parce que en tant qu’ingénieur, je consommais, comme à peu près tout le monde dans notre bonne vieille société de consommation, beaucoup, trop, certains diront.

Je consommais pour me donner contenance, pour justifier de mon status, parce que ça déstresse, pour plein de raisons, plus ou moins mauvaises somme toute, je vous renvoie vers mon article Ikea, parfois c’est juste incontrôlable, ce besoin, ou juste cette envie, au final on ne sait plus trop, de consommer, d’avantage, bref.

Et me voilà à un an de tout ça, et avec un budget de plus en plus réduit je ne vous cacherais pas que mon besoin de consommation en a pris un sacré coup.
Mais alors qu’est ce qu’il reste ? Et bien justement j’y viens, avec 5 (cinq) objets que j’ai achetés cette année, et que j’ai sélectionnés comme les plus utiles dans mon quotidien, les plus significatifs, ou juste les plus symboliques.

(Petite note préliminaire, n’ayant habité que des appartements meublés depuis le début de mon séjour, vous ne verrez pas ici de lit, frigo, machine à laver ou autres objets électroménagers indispensables (?) à la survie de l’homme moderne).

    Un vélo :

Dans une ville comme Tokyo, avoir un vélo est a mon sens tout simplement indispensable.
Pour faire des courses, aller à la gare, surtout que la ville est dotée des infrastructures pour accueillir les vélos, parmi lesquels on notera les parkings de vélos devant les supermarchés, où l’on peut mettre sans trop de souci une cinquantaine, voir une centaine de vélos ; les parking sous-terrains ou aériens de plusieurs niveaux à proximité des gares (plusieurs milliers de vélos) etc.

Prix : 16 000¥. Plus la contravention pour stationnement prolongé interdit 5000¥ (en quatre mois, c’est moins cher que de payer le parking donc bon).

    Un fauteuil :

Ce petit fauteuil est tout à caractéristique du Japon : pratique, compact, mais pas très confortable pour un étranger un peu grand comme moi (mais au final il m’aura bien servi et continue de le faire). Facilement transportable, il se pose volontiers sur une chaise pour la rendre plus confortable, par terre, ou sur un lit, etc.
Il possède donc un rapport place/confort intrinsèquement assez interessant, ce qui lui confère un intérêt assez fort, dans ce pays où la place est un facteur important.
Notez que l’inclinaison du dossier est réglable façon clic-clac.

Prix : 2000¥. Plus le petit coussin 200¥.

    Un sac Muji :

Simple, léger, compact, sobre, là encore un article qui a sa marque du Japon, et comme on n’en trouve que chez Muji. Il m’accompagne partout, et peut contenir un petit parapluie, une petite bouteille d’eau, un cahier de notes, quelques livres, un porte-feuilles, un baladeur MP3, que demander de plus ?!

Prix : 1500 ¥ au Muji du coin.

    Un 蚊取線香 (katorisenkô) :

Est une sorte de bâton d’encens en forme de spirale. Il est utilisé au Japon depuis des temps ancestraux pour, comme son nom l’indique, faire fuir les moustiques. On le fait brûler dehors, en général devant une fenêtre par exemple.
En réalité, de nos jours la plupart des maisons japonaises sont équipées de fenêtres avec moustiquaire coulissante en dure intégrée dans la fenêtre, ce qui est incroyablement pratique et judicieux. Ceci étant, et avec l’utilisation de plus en plus rependues des climatisations, le カトリセンコ est devenu plus ou moins obsolète.
Il est revenu en force cette été, avec les réductions d’énergies (et donc de climatisation) en vigueur.

Prix : dans les 600¥ qui correspond à un bâtonnet par jour pendant un mois.

    Un 算盤 (soloban) ou boulier :

Anecdotique, au pays des nouvelles technologies, il est une métaphore du Japon de mon point de vue : sobre, beau, mystérieux, mais pratique si on sait comment le manier.
Actuellement, les jeunes japonais ne savent plus se servir de cet objet d’un autre temps, il n’en reste pas moins un bel objet à mon sens.

Prix : 30¥ dans un magasin d’occas’.

韓国

Un an, ça fait un an que j’ai quitté le sol de notre bonne vieille France pour venir fouler le sol de ce bon vieux Nippon.
Un an, c’est court, surtout a la fin …
Un an, c’est trop court pour diverses raisons. La première, sans doute la meilleure est que j’ai envie de rester ici avec 有香, car ce pays me plaît profondément, et ce malgré les incidents qui sont venus ponctuer le séjour.

Le souci est que le visa vacances travail dure un an, et qu’il n’est pas renouvelable pour un sou, ni prolongeable. Et le second détail de cette histoire est qu’il faut quitter le Japon pour le transformer en un autre visa.

Moyennent tout ça, et le fait que la Corée du Sud est dans le coin, un petit séjour au pays des Kimuchis semble s’imposer pour continuer l’aventure.

Un rapide tour sur le site d’une agence de voyage japonaise nous donne un très compétitif 60 000¥ pour un aller-retour + deux nuitées dans la ville de Busan au Sud du pays.
Pourquoi un prix aussi alléchant vous allez me demander à juste titre ? Et bien, c’est que c’est encore la saison des pluies la-bas, et elle porte bien son nom. Mais qu’importe, on est pas la pour faire du tourisme, et la pluie n’empêche pas de profiter de la cuisine locale, qui est très épicée, mais tout à fait délicieuse.
C’est décidément pas facile de se balader dans un pays sans parler la langue. Heureusement, Busan est une ville proche géographiquement du Japon, ainsi les touristes japonais sont légions, et on arrive à communiquer en japonais avec certains locaux, qui sont très serviables.
Au restaurant un soir, nos voisins de tables nous ont ainsi offerts un peu de leur repas, yakiniku ressemblant un peu, cote ingrédients, à la recette qu’on peut goûter au Japon, mais donc la préparation est assez différente.
En effet, quand au Japon le riz ne se mélange pas avec le reste, au contraire en Corée, il est de coutume de tout mélanger, riz, feuilles de menthe, viande, kimuchi, donnant un succulent mélange de saveurs fraîches et épicées.
Anecdote amusante au passage, la Corée est sans doute l’un des seuls pays au Mode à avoir des joueurs professionnels de jeux vidéos, et ainsi on peut voir à la Télé des match officiels de Start Craft …

Un peu de tourisme, donc en passant quand même, et retour au Japon où la suite du séjour nous attend.
Nous avons déménagé dans un petit appartement loué à une agence du nom de Leopalace (oui, ça tombe bien).

L’endroit n’est pas bien grand, mais pas trop cher, et les charges sont toutes comprises dans le loyer (eau, électricité, internet, assurance, etc.). Autre avantage, il est à 10 minutes à pieds, soit 3 minutes en vélo de l’ancien appartement, ce qui permet un déménagement assez sportif soit, mais à pied, en vélo et avec le petit chariot que le magasin de TV d’à coté nous a gracieusement prêté, et le tout pour la modique somme de 600¥ (le prix des piles qu’on a acheté dans ledit magasin pour le remercier).
Retour à Tokyo, où j’ai quitté le quartier de Shinjuku pour celui de Nakano, à deux pas donc. Ici, je poursuis ma recherche de travail, car pour rester, il faut un visa, et pour cela il faut un travail. M’attends aussi le JLPT2 qui se déroule ce week-end, et qui conclura, si je l’obtiens, mon année d’étude de la langue japonaise, par la validation du niveau dit Business.

Mes deux compères sont rentrés en France il y a deux jours. L’aventure continue pour moi, dans ce pays que je découvre un peu plus chaque jour, et qui ne cesse de me fasciner.

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